"Un nombre
croissant d'observations nous donne aujourd'hui une image d'ensemble
d'une planète qui se réchauffe et de plusieurs autres
changements dans le système climatique.
Depuis la publication du Deuxième Rapport
d'évaluation (SAR4) l'obtention de données supplémentaires
grâce à de nouvelles études du climat actuel
et des paléoclimats, l'amélioration de l'analyse des
séries de données, une évaluation plus rigoureuse
de leur qualité et des comparaisons entre des données
de sources différentes nous ont permis de parvenir à
une meilleure compréhension des changements
climatiques."
La température moyenne globale à
la surface (la moyenne de la température de l'air près
de la surface du sol et de la température à la surface
de la mer) a augmenté depuis 1861. Au XXe
siècle, cette augmentation a été de 0,6 °C
± 0,2
°C 56
(Figure
1a). Cette valeur est supérieure d'environ 0,15 °C
à celle estimée par le SAR4
pour la période qui s'est terminée en 1994, ce qui s'explique
à la fois par les températures relativement élevées
des années ultérieures (1995 à 2000) et par l'amélioration
des méthodes de traitement des données. Ces chiffres
tiennent compte de différents ajustements, y compris les effets
des îlots de chaleur urbains. Les relevés indiquent que
le degré de variabilité a été important;
par exemple, l'essentiel du réchauffement survenu au cours
du XXe siècle est concentré sur deux périodes:
1910-1945 et 1976-2000.
Globalement, il est très probable7
que les années 90 aient été la décennie
la plus chaude et 1998 l'année la plus chaude depuis que
l'on tient des relevés, c'est-à-dire depuis 1861 (voir
Figure
1a)."
1.1.2. La température de l'atmosphère a-t-elle augmenté
?
"Les températures
ont augmenté ces 40 dernières années dans les
8 kilomètres les plus bas de l'atmosphère.
Depuis la fin des années 50 (c'est-à-dire
la période au cours de laquelle l'on a commencé à
faire des observations plus précises avec des ballons-sondes),
la température globale a augmenté en général
dans des proportions à peu près les mêmes -
soit 0,1 °C tous les 10 ans - dans les 8000 mètres les
plus bas de l'atmosphère
qu'en surface.
Depuis le début des relevés par satellite, en 1979,
les mesures par ballons-sondes et par satellite ont toutes montré
que la température moyenne globale dans les 8000 mètres
les plus bas de l'atmosphère a augmenté de 0,05 ±
0,10 °C tous les 10 ans, mais aussi que la température
moyenne globale à la surface s'est accrue de manière
nettement plus importante, à savoir de 0,15 ± 0,05
°C tous les 10 ans. La différence entre les taux de réchauffement
est statistiquement significative. Elle a été avant
tout observée dans les régions tropicales et sub-tropicales.
Les facteurs tels que l'appauvrissement de la couche d'ozone stratosphérique,
les aérosols
atmosphériques et le phénomène El Niño
n'ont pas exercé les mêmes influences sur les 8000
mètres les plus bas de l'atmosphère qu'en surface.
Il est par conséquent physiquement plausible qu'il puisse
y avoir des disparités dans l'évolution des températures
sur une brève période (par exemple 20 ans). De plus,
les techniques de l'échantillonnage spatial peuvent elles
aussi expliquer en partie certaines des différences observées
dans ces évolutions, mais pas toutes."
1.1.3. La couverture neigeuse et l'étendue des glaces ont-elles
diminué ?
"La couverture neigeuse
et les étendues glaciaires se sont réduites.
Les données obtenues par satellite montrent
qu'il est très probable7
que la couverture neigeuse ait diminué d'environ 10 pour
cent depuis la fin des années 60, et des observations au
sol indiquent qu'il est très probable7
qu'il y ait eu une réduction d'environ deux semaines de la
durée annuelle du gel des lacs et des cours d'eau sous les
latitudes
moyennes et élevées de l'hémisphère
Nord, pendant le XXe siècle.
Dans les régions autres que polaires, le recul des glaciers
de montagne a été un phénomène largement
répandu au XXe siècle.
Depuis les années 50, la surface de glace de mer au printemps
et en été, dans l'hémisphère Nord, a
diminué d'environ 10 à 15 pour cent. Il est probable7
qu'il y ait eu ces dernières décennies une réduction
d'environ 40 pour cent de l'épaisseur de glace dans l'océan
Arctique de la fin de l'été au début de l'automne,
ainsi qu'une réduction nettement plus lente de l'épaisseur
des glaces de mer en hiver."
1.1.4. Le niveau de la mer et la charge thermique des océans
ont-ils augmenté ?
"Le niveau moyen global
des mers s'est élevé et la charge thermique des océans
a augmenté.
Les données marégraphiques
montrent que le niveau moyen global de la mer s'est élevé
de 0,1 à 0,2 mètres au cours du XXe siècle.
La charge thermique globale des océans s'est accrue depuis
la fin des années 50, période pour laquelle l'on a
pu procéder à des observations plus précises
des températures sous la surface de l'océan."
1.2. Quels autres changements climatiques ont été
observés ?
"Des changements se sont
également produits dans d'autres aspects importants du climat.
Il est très probable7
qu'au XXe siècle les précipitations se soient accrues
de 0,5 à 1 pour cent tous les 10 ans sous la plupart des
latitudes moyennes et élevées des continents de l'hémisphère
Nord et il est probable7
que les pluies se soient accrues de 0,2 à 0,3 pour cent dans
les zones terrestres tropicales (10° Nord à 10° Sud).
Sous les tropiques, ces augmentations n'ont pas été
évidentes ces dernières décennies. Il est également
probable7
que les pluies aient diminué dans la plupart des zones terrestres
sub-tropicales de l'hémisphère Nord (10° Nord
à 30° Nord) au cours du XXe siècle, et ce d'environ
0,3 pour cent tous les 10 ans. Contrairement à ce qui s'est
passé dans l'hémisphère Nord, aucun changement
systématique comparable n'a été détecté
dans les moyennes générales pour les différentes
latitudes dans l'hémisphère Sud. Les données
disponibles ne sont pas suffisantes pour déterminer les tendances
des précipitations sur les océans.
Au cours de la seconde moitié du XXe siècle, il est
probable7
que sous les latitudes moyennes et élevées de l'hémisphère
Nord la fréquence des événements de précipitations
importantes ait augmenté de 2 à 4 pour cent. Cette
augmentation peut être due à plusieurs causes, par
exemple les changements de l'humidité atmosphérique,
l'activité orageuse et les phénomènes dépressionnaires
à grande échelle.
Il est probable7
qu'il y ait eu au XXe siècle une augmentation de 2 pour cent
de la couverture nuageuse sur les zones terrestres des latitudes
moyennes et élevées. Dans la plupart de ces zones,
cette tendance correspond bien à la diminution des écarts
de température journaliers, telle qu'elle a été
observée.
Il est très probable7
que depuis 1950 il y ait eu une diminution de la fréquence
des températures extrêmement basses ainsi qu'une augmentation,
plus modeste, de la fréquence des températures extrêmement
élevées.
Les épisodes de réchauffement du phénomène
El Niño/oscillation australe (ENSO) (qui affecte régulièrement
les variations régionales des précipitations et des
températures dans la plupart des zones tropicales et sub-tropicales
et dans certaines zones de moyenne latitude) ont été
plus fréquents, plus persistants et plus intenses depuis
le milieu des années 70 qu'au cours des 100 dernières
années.
Au XXe siècle (1900 à 1995), l'on a assisté
à une augmentation relativement faible des surfaces émergées
globales ayant connu une grave sécheresse ou au contraire
des précipitations catastrophiques. Dans de nombreuses régions,
ces changements sont
dominés par la variabilité
interdécennale et multidécennale du climat, tels que
la tendance de l'ENSO à provoquer un plus grand nombre d'événements
de réchauffement.
Dans plusieurs régions, par exemple certaines parties de
l'Asie et de l'Afrique, les observations ont montré que la
fréquence et l'intensité des sécheresses ont
augmenté."
"Il semble que certains
aspects importants du climat n'aient pas changé.
Un petit nombre de régions du globe ne se
sont pas réchauffées ces dernières décennies;
il s'agit essentiellement de certaines parties des océans
de l'hémisphère Sud et de certaines parties de l'Antarctique.
L'on n'a observé aucune évolution significative de
la surface des glaces de mer dans l'Antarctique depuis 1978, date
à laquelle a commencé la période des mesures
fiables par satellite.
Au niveau global, les changements dans l'intensité et la
fréquence des tempêtes tropicales et extratropicales
sont dominés par les variations interdécennales et
multidécennales, mais aucune tendance significative ne s'est
dégagée au XXe siècle. Les analyses, contradictoires,
ne permettent pas de tirer des conclusions définitives quant
à l'évolution de l'activité dépressionnaire,
notamment dans les zones extratropicales.
Aucune modification systématique de la fréquence des
tornades, des journées d'orage ou des chutes de grêle
ne ressort des analyses effectuées dans un certain nombre
de zones limitées."