Extraits sélectionnés et traduits par GreenFacts du résumé du rapport du colloque international organisé par le GESAMP en juillet 2010 sur les microplastiques en milieu marin et d’un rapport du CCR de 2011 sur les recommandations techniques pour la mise en œuvre de la directive-cadre de l’UE sur la Politique pour le milieu marin en ce qui concerne les déchets.
(une mise à jour des faits saillants proposés par GreenFacts en décembre 2010) 
En résumé, la question soulevée par le séminaire du GESAMP était de savoir si les micro-plastiques pourraient contribuer à la bioaccumulation de contaminants toxiques dans le milieu marin. Des études récentes ne semblent cependant révéler aucune augmentation de la concentration de ces contaminants dans les zones d’accumulation de plastique dans les océans. Les solutions à la présence de déchets en milieu marin résideraient principalement dans une meilleure gestion des déchets sur terre et sur mer.
Par ailleurs, dans le contexte de la Politique pour le milieu marin établie par la Directive-cadre 2008/56/CE, un sous-groupe technique, établi au sein du Groupe de travail sur le bon état écologique du milieu marin, a enquêté sur les méthodes de suivi applicables aux déchets marins et proposé un ensemble d’outils de surveillance qui pourraient être utilisés à cette fin.
1. la Rapport du colloque du GESAMP
http://www.gesamp.org/data/gesamp/files/media/Publications/Reports_and_studies_82/gallery_1510/object_1670_large.pdf
1.1. Impact des déchets plastiques et micro-plastiques sur l’environnement marin
Il est bien établi que les déchets plastiques provoquent des dommages physiques aux mammifères marins, aux poissons et aux invertébrés et les cas de mort par étranglement, asphyxie ou blocage des organes sont communs. Il est également établi que les particules de plastiques ont tendance à accumuler les substances persistantes, bioaccumulables et toxiques comme les PCB, le DDT et les PBDE. Une des plus grandes incertitudes est de savoir si cela conduit à la bioaccumulation de ces contaminants et, de ce fait, si les micro-plastiques représentent un vecteur supplémentaire et important pour le transfert de ces polluants.
Une cause certaine de préoccupation est que, suite à une exposition expérimentale, des particules, y compris microplastiques, ont récemment été retrouvées dans les systèmes circulatoires et d’autres tissus d’organismes filtreurs tels que les moules bleues et causé des réactions inflammatoires typiques..
1.2. Les sources de déchets en plastique dans le milieu marin
Il y a deux principales sources de micro-particules de plastique dans le milieu marin : i) des pastilles de résine de plastique, soit utilisées dans le processus de fabrication des matières plastiques ou délibérément fabriquées comme abrasifs pour le grenaillage ou utilisées dans des produits cosmétiques exfoliants pour le visage et ii) des fragments de plastique provenant de la détérioration et de la désintégration d’objets en plastique, principalement des déchets, ce qui peut inclure, parmi beaucoup d’autres, des emballages, des articles d’habillement, des articles ménagers comme les brosses à dents et les rasoirs, ainsi que des matériaux de construction, des filets de pêche et d’aquaculture perdus ou mis au rebut.
Compte tenu de la hausse de la production mondiale de plastiques (245 millions de tonnes en 2008), il peut être conclu que l’entrée des déchets plastique en milieu marin et, de ce fait, de micro-plastiques, va s’accroître dans les régions en développement rapide du monde qui n’ont pas de pratiques solides en matière de gestion des déchets.
La connaissance sur la distribution et le devenir de ces micro-plastiques en milieu marin ne fait que commencer à émerger. Certaines études récentes n’ont révélé aucune tendance significative de la concentration de particules dans les eaux proches de la surface dans les régions d’accumulation au milieu des océans (zones tourbillonnaires du Nord Pacifique et de l’Atlantique Nord-Ouest). Dans certains cas, cela pourrait bien être lié à l’amélioration de la gestion des déchets en mer ou sur terre. Cependant, les caractéristiques et le comportement des particules de plastiques peuvent aussi influencer l’échantillonage et les quantités mesurées. Pour la plupart des océans, il y a peu ou pas d’information sur les tendances, que ce soit au niveau macro ou micro.
1.3. Les recommandations formulées par les participants au Colloque du GESAMP
Les participants ont recommandé qu’une évaluation globale des micro-plastiques dans le contexte du problème des déchets marins dans son ensemble soit initiée sous la direction du GESAMP et avec la coopération des agences des Nations Unies, les administrations régionales et nationales, les organisations intergouvernementales et les ONG.
La diversité des méthodologies pour la quantification des microplastiques utilisées actuellement impose une normalisation plus poussée en vue d’assurer la comparabilité des données, en particulier en matière des estimations des quantités de plastiques migrant vers les océans. Elle devrait également viser à fournir une réponse définitive, à l’échelle de leur impact à la fois physique et chimique, sur les organismes marins et sur l’impact potentiel sur la santé humaine résultant de la consommation de ces derniers.
Les participants au colloque ont aussi estimé qu’un effort majeur est nécessaire pour contrôler les plastiques dans l’environnement marin et que la question des micro-plastiques et de leurs effets potentiels dans les océans de la planète émerge seulement et qu’une grande partie du processus reste encore à établir. Les problèmes sont complexes et nécessitent une science véritablement pluridisciplinaire et une approche opérationnelle.
Leur conclusion était que le problème des micro-plastiques trouve clairement son origine dans les déchets plastiques présents dans les océans et que les solutions ultimes se trouvent dans la gestion améliorée des déchets solides sur terre et sur mer; elles impliquent la participation de tous les acteurs concernés : le politique, celui des matières plastiques et du commerce de détail, ceux de la science, de l’éducation et le grand public.
2. Recommandations techniques établies en 2011 par un groupe du CCR (Joint Research Centre) de l’UE pour la mise en œuvre des exigences de la Directive-Cadre sur la Stratégie pour le milieu marin en ce qui concerne les déchets.
Comme indiqué dans le résumé d’un rapport disponible sur site web du Joint Research Centre (JRC ou CCR), dans le cadre de la Directive-cadre sur la Politique pour le milieu marin, la Direction générale Environnement a établi en 2010 un sous-groupe technique au sein du Groupe de travail sur le bon état écologique en ce qui concerne les déchets marins, Le rapport de ce groupe de travail rassemble les recommandations formulées par ce groupe qui a étudié les méthodes de suivi pour les déchets marins et fournit un ensemble d’outils de surveillance qui peuvent être utilisés dans ce cadre. Des lacunes ont été identitfiées dans l’applicabilité de celles -ci au au niveau régional et dans la maturité de certains outils. Il est aussi nécessaire d’harmoniser davantage les collaborations afin de permettre aux Etats membres àde rapporter dans le futur les tendances environnementales et donc la vérification des mesures de lutte contre les déchets marins.
Voir aussi un rapport d’une réunion organisée par la Commission européenne “Marine Litter: Plastic Soup and More”, qui s’est tenue en novembre 2010 :
http://ec.europa.eu/environment/water/marine/pdf/report_workshop_litter.pdf

3. A propos du colloque du GESAMP
Le colloque s’est tenu à l’UNESCO-COI à Paris fin Juin 2010 dans le cadre de la mission du GESAMP d’informer ses organismes parrains (OMI, FAO, UNESCO-COI, l’ONUDI, OMM, AIEA, l’ONU, le PNUE et le PNUD) sur « les questions nouvelles et émergentes » relatives à l’état de l’environnement marin. Les participants invités représentaient la communauté scientifique, l’industrie des matières plastiques, des décideurs et des ONG environnementales, des organismes régionaux ainsi que les pays développés et en développement.
Référence: ; Actes du colloque international du GESAMP sur les particules de matière plastique en tant que vecteur de transport et des substances persistantes, toxiques et bio-accumulables dans les océans.Bowmer, T. et Kershaw, PJ, 2010 (éd. ), GESAMP Rép Stud. N ° 82, 68pp.(en anglais)
4. A propos du rapport du CCR/JRC
Contact : Georg Hanke, JRC IES, Via E. Fermi 2749, I-21027 Ispra (VA),Italy georg.hanke@jrc.ec.europa.eu
5. La Directive-cadre de l’UE sur la Politique pour le milieu marin
