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Évaluation de l’écosystème de la forêt tropicale indonésienne

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Contexte - L’Indonésie est la troisième plus grande zone de forêt tropicale au monde et le pays où le plus d’hectares de forêt sont déboisés chaque année.

Que peut-on faire pour protéger cette ressource naturelle pour les futures générations indonésiennes ?

Ceci est un résumé fidèle du rapport produit en 2015 par UNORCID : " Forest Ecosystem Valuation Study: Indonesia. " 

  • Source :UNORCID (2015)
  • Résumé & Détails: GreenFacts

Introduction

L’Indonésie est le pays où le plus d’hectares de forêt sont déboisés chaque année, dépassant même le Brésil, bien que la forêt indonésienne ne représente qu’un quart de la forêt brésilienne. Les forêts sont déboisées pour utiliser le bois ou à d’autres fins, comme pour les concessions minières et les plantations. Même les zones forestières protégées sont victimes de la déforestation afin de répondre aux demandes sur les marchés internationaux, et une grande partie de l’exploitation du bois en Indonésie est encore illégale et non réglementée. En moyenne, entre 2000 et 2012, 671 420 hectares (6714 km2) de forêts ont été déboisés chaque année.

En 2013, la superficie forestière totale en Indonésie était estimée à 98 millions d’hectares, soit environ la moitié de la superficie totale du pays. Les forêts indonésiennes, qui représentent la troisième plus grande zone de forêt tropicale au monde, jouent un rôle important dans l’atténuation du changement climatique aux niveaux national et mondial. Elles sont également essentielles pour la croissance économique et le bien-être des Indonésiens. Ainsi, la reconnaissance, la réalisation et la démonstration des bienfaits des écosystèmes forestiers en Indonésie pourraient considérablement soutenir la transition du pays vers une économie verte. Cela pourrait générer une croissance équitable, contribuer à un développement économique stable et protéger les atouts naturels de l’Indonésie pour ses générations futures.

Dans quelle mesure les écosystèmes forestiers indonésiens sont-ils importants ?

La biodiversité joue un rôle essentiel dans la sécurité alimentaire, la santé humaine et les conditions de vie, l’approvisionnement en eau potable, en bois, en plantes médicinales et d’autres services importants. Elle renforce également la résistance des communautés aux impacts du changement climatique et contribue à la séquestration du carbone et à l’atténuation du changement climatique.

Des études régionales et mondiales ont estimé que si l’on évalue les services écosystémiques en termes économiques, ils représentent plusieurs milliards de dollars de marchandises et de services par an.

Pourquoi est-il important d’attribuer une valeur aux forêts indonésiennes ?

L’étude sur l’évaluation des écosystèmes forestiers (Forest Ecosystem Valuation Study, FEVS) a pour objectif d’attribuer une valeur mesurable aux services écosystémiques fournis par les forêts en Indonésie afin que le rôle des forêts dans l’économie et la société indonésiennes soit mieux connu. En démontrant par des données quantitatives les contributions de la nature, la FEVS souhaite obtenir une hausse considérable des investissements dans les écosystèmes forestiers et promouvoir la gestion durable de ces ressources naturelles, donnant lieu à davantage d’équité sociale et à une croissance économique soutenue sur le long terme.

Ces dernières années, l’Indonésie a fait preuve d’un leadership remarquable dans la reconnaissance de la valeur de son capital naturel. Les forêts indonésiennes présentent des avantages considérables sur les plans économique, social et environnemental. Notamment depuis 2007, l’Indonésie joue un rôle de premier plan dans les efforts internationaux en vue de promouvoir la REDD+ (Réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts), un mécanisme qui souligne et récompense les réductions des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts, le rôle de la préservation, la gestion durable des forêts et l’augmentation des stocks de carbone en forêt.

Quel rôle les forêts jouent-elles dans la lutte contre la pauvreté ?

En Indonésie, plus de 74 pourcent des pauvres dépendent des services écosystémiques pour leurs moyens de subsistance de base. La diminution de ces services aurait des effets dramatiques sur les conditions de vie des pauvres, tout en aggravant les inégalités au niveau national. Les forêts indonésiennes, par le biais de l’utilisation durable de produits forestiers non ligneux (PFNL), jouent un rôle important dans les conditions de vie des communautés rurales pauvres. Par exemple, en moyenne dans le Kalimantan central, 76 pourcent des revenus des ménages ruraux proviennent des forêts et des services écosystémiques. Au sein de communautés où l’agriculture est le principal moyen de subsistance, les forêts proposent des services de régulation et leur dégradation supplémentaire pourrait tout particulièrement toucher les ménages pauvres ruraux et diminuer leur résistance à des impacts imprévus du changement climatique.

Quelles sont les principales conclusions de cette étude sur l’évaluation des forêts indonésiennes ?

Cette étude souligne qu’un scénario d’économie verte, où les services écosystémiques se voient attribuer une valeur financière, et non un « scénario de statu quo », donnerait lieu à une meilleure gestion des forêts qui se traduirait au final par une hausse de la production et des revenus du secteur forestier.

L’industrie du bois d’amont a représenté une contribution de plus de 14 milliards de dollars pour l’économie indonésienne en 2012 et une dégradation supplémentaire des zones forestières entraînerait une diminution de cette source essentielle de revenus, ainsi qu’une perte considérable au niveau des recettes fiscales pour l’économie indonésienne. Dans le cadre du scénario d’économie verte, jusqu’à 17 000 emplois pourraient être créés en moyenne chaque année entre 2014 et 2030, soit un total de 275 000 nouveaux emplois dans le secteur forestier officiel.

D’une manière générale, la gestion durable des forêts protégerait la valeur de ces actifs, réduisant les coûts administratifs et fiscaux au niveau des provinces, ce qui pourrait s’avérer nécessaire si ces services naturels se dégradent et que des substituts doivent être trouvés. Si les investissements dans la protection des forêts n’augmentent pas, la qualité des sols baissera et les rendements de l’agriculture seront considérablement diminués.

Par ailleurs, en prévoyant un évitement de la déforestation de plus de 110 000 km² jusqu’en 2030, le total des investissements cumulés nécessaires pour atteindre cet objectif s’élève, selon les estimations, à près de 10 milliards de dollars entre 2015 et 2030. L’investissement annuel nécessaire est donc légèrement supérieur à 600 millions de dollars.

Globalement, selon les estimations, la valeur des services de régulation fournis par les forêts est de l’ordre de milliards de dollars chaque année, bien plus que le coût des mesures de préservation, et les politiques locales et plans de développement régional pourraient permettre de maintenir le capital naturel des provinces, mais uniquement si les acteurs concernés connaissent la valeur des services fournis par les forêts.


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