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La planète pourrait-t-elle redevenir non polluée ?

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Contexte - La pollution est partout. Les contaminants provenant de l'activité humaine se retrouvent dans les régions les plus reculées de la planète.

La croissance économique et sociale de l'humanité a entraîné de grandes quantités de pollution.

Comment pouvons-nous nous assurer que la planète ne se dégrade pas davantage ?

Ceci est un résumé fidèle du rapport produit en 2017 par le Programme des Nations Unies pour l'Environnement (UNEP) : "Towards a Pollution-Free Planet " 

  • Source :UNEP (2017)
  • Résumé & Détails: GreenFacts
Dernière mise à jour: 19 décembre 2017

Introduction

La pollution a des impacts significatifs sur la santé humaine, l'environnement et même sur le fonctionnement de certains systèmes terrestres, tels que le climat. La pollution touche toutes les parties de la planète. Cela affecte notre santé à travers la nourriture que nous mangeons, l'eau que nous buvons et l'air que nous respirons. On estime qu'environ 19 millions de décès prématurés surviennent chaque année en raison de la façon dont nous utilisons les ressources naturelles pour soutenir la production et la consommation mondiales pratiques qui ont un impact sur l'environnement.

Quelles sont les sources de pollution ?

La pollution peut prendre de nombreuses formes, certaines sont faciles à observer, comme certaines formes de contamination de l'eau, une mauvaise qualité de l'air, les déchets industriels et ménagers, la pollution lumineuse, la chaleur ou le bruit. D'autres sont moins visibles, comme par exemple les résidus de pesticides dans les aliments, le mercure dans les poissons, les nutriments excédentaires rejetés dans la mer et les lacs, les substances chimiques perturbatrices du système endocrinien présentes dans l'eau potable et la présence d'autres micropolluants dans les eaux douces et marines. Certains, comme ceux provenant de sites industriels abandonnés, de zones de conflits armés, de centrales nucléaires, de stocks de pesticides et de décharges, font partie d'un héritage à plus long terme.

Les sources et types de pollution sont très variés, de même que les solutions pour y faire face. Par exemple, les produits chimiques dangereux présents dans certaines peintures, des produits de nettoyage, des colorants, des produits électroniques et de nombreuses autres substances domestiques peuvent devenir des polluants s'ils ne sont pas gérés correctement. Des produits chimiques hautement dangereux, tels que le mercure, l'ammonium, l'ozone et l'acide perchlorique, utilisés dans diverses industries sont toxiques et réactifs et de nivaux d'exposition relativement faibles peuvent provoquer des cancers, des malformations congénitales, des lésions génétiques, des fausses couches, des blessures ou la mort si elles sont rejetées dans l'environnement. Les fonctions de l'écosystème sont également mises en péril. Il y a également de nombreuses nouvelles substances, tels que certains médicaments et des nanomatériaux, pour lesquelles les données sur leurs effets potentiels liés à une pollution sont rares.

  • Pollution de l'air: L'utilisation de combustibles solides pour cuisiner, brûler des combustibles fossiles, incendies de forêt, combustion de déchets, fumée de tabac, tous contribuent à la pollution de l'air. Neuf personnes sur dix dans le monde respirent de l'air pollué au-delà des normes acceptables de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ;
  • La pollution des sols et des terres agricoles: pratiques agricoles, irrigation inadéquate, problèmes de gestion des déchets solides tels que les décharges industrielles et publiques et toute une gamme d'activités industrielles, militaires et minières ;
  • Pollution des eaux douces: excès d'éléments nutritifs provenant de l'utilisation d'engrais dans l'agriculture, d'agents pathogènes provenant d'eaux non traitées, de métaux lourds provenant des mines et de déchets industriels. Plus de 80% des eaux usées du monde sont rejetées dans l'environnement sans traitement ;
  • Pollution marine et côtière: les éléments nutritifs, les déchets et les métaux lourds d'origine terrestre, les débris de plastique ainsi que les polluants provenant des industries de la pêche, de la navigation et de l'énergie.

Quels sont les impacts de la pollution ?

Le danger d'un polluant pour la santé humaine et les écosystèmes est lié à sa nature chimique et à sa toxicité intrinsèque. Les risques sont liés aux quantités émises, aux concentrations d'exposition et à sa persistance dans l’environnement1. Les fonctions des écosystèmes sont mises en péril, tout comme la santé humaine ou celle des espèces individuelles. En raison de leur état de santé général, de leur exposition potentielle plus élevée et de leur moindre résilience aux risques sociaux, environnementaux et économiques, la pollution peut avoir un effet particulièrement disproportionné et négatif sur les populations les plus pauvres, les groupes défavorisés, marginaux, les autochtones, les handicapés et autres populations vulnérables.

La pollution a également des coûts économiques importants du point de vue des coûts des soins de santé, des pertes de productivité, et des dommages causés aux écosystèmes. Par exemple, il est estimé qu'en 2013, le coût de la pollution de l'air était de plus de 5000 milliards USD, ce qui dépasse le budget annuel des États-Unis.

Si les modes de consommation et de production se maintiennent au niveaux actuels, le modèle économique linéaire du «prendre - faire - rejeter » pèsera lourdement sur une planète déjà polluée, affectant ainsi les générations actuelles et futures.

Que fait-on actuellement pour lutter contre la pollution ?

La pollution n'est pas un phénomène nouveau; il est largement contrôlable et souvent évitable, mais encore considérablement négligé. Les réponses des gouvernements, des entreprises et des citoyens à la pollution existent, mais leur portée et leur ampleur restent limitées. Parallèlement, de meilleures connaissances, des modèles de consommation et de production alternatifs ainsi que des solutions technologiques innovantes signifient que de nombreux pays, villes et entreprises s'attaquent déjà avec succès à une série de problèmes de pollution graves.

En ce qui concerne les produits chimiques et les déchets, les accords environnementaux multilatéraux existants permettent des actions, comme par exemple le Protocole de Montréal qui a banni les substances qui appauvrissent la couche d'ozone, celui qui a interdit les additifs au plomb dans le carburant et, plus récemment, celui sur le mercure avec l'entrée en vigueur de la Convention de Minamata en 2013. De telles approches juridiquement contraignantes au niveau mondial sont essentielles pour relever les défis les plus critiques et les plus complexes en matière de pollution. En particulier, les 17 objectifs de développement durable des Nations Unies2 offrent l'occasion d'accélérer la mise en œuvre d'actions ciblées et assorties de délais sur la pollution, qui ont été jusqu'ici limitées et inadéquates.

De manière encourageante également, davantage de gouvernements, d'industries et de citoyens s'orientent vers une gestion durable des matériaux, une efficacité accrue des ressources, une chimie moins dommageable pour l'environnement, des technologies propres et des économies circulaires dans le cadre d'une transformation plus globale vers une économie durable.

Quels sont les avantages de la lutte contre la pollution ?

Une planète sans pollution est de loin la meilleure assurance pour la survie et le bien-être des générations actuelles et futures d'humains et d'écosystèmes. Il ressort de nombreuses études de cas que la lutte contre la pollution a déjà apporté de nombreux avantages, même si les réponses actuelles sont encore limitées et inadéquates. Les projections indiquent que d'autres actions peuvent améliorer la santé et le bien-être ainsi que l'économie. Les deux réussites que sont le Protocole de Montréal pour la restauration de la couche d'ozone et l’accord pour l'élimination progressive des additifs au plomb dans les carburants montrent que de telle démarches peuvent être couronnée de succès.

L’utilisation (plus) efficace des ressources sur l'ensemble du système de production-consommation peut générer des produits identiques ou ayant les mêmes fonctionnalités que les technologies et processus traditionnels, tout en réduisant les émissions et les besoins en ressources. Le passage à des technologies moins polluantes et inspirées de la nature, ainsi que le recyclage des déchets offrent également des opportunités économiques et d'emplois. Cependant, une planification de transition prudente et intégrée est requise pour ceux qui sont impliqués dans ces transformations.

Quelles mesures peuvent être prises pour rendre le monde véritablement exempt de pollution ?

Des solutions pour aider à éliminer les polluants et détoxifier l’environnement existent dans le monde entier. Celles-ci doivent être élargies, partagées et mises à l'échelle afin d'éviter de risquer d'exposer davantage les populations humaines et les écosystèmes à la pollution actuelle et future ainsi que d'augmenter les coûts de dépollution . Il est également urgent d'améliorer l'évaluation des risques liés aux nouvelles sources de pollution. Les lacunes dans leur mise en œuvre sont dues en particulier à un manque de ressources et à des capacités administratives, financières, institutionnelles et techniques inadéquates. L'absence de coordination interministérielle et de volonté politique sont les principales raisons pour lesquelles les initiatives actuelles se rélèvent insuffisantes.

C’est dans ce contexte que ce Rapport du PNUE « Vers une planète sans pollution » délivre les cinq messages principaux suivants :

  1. Un pacte mondial sur la pollution permettra de faire de la prévention une priorité pour tous. Cela encouragerait également les décideurs à intégrer la prévention dans la planification nationale et locale, les processus de développement, les stratégies de réduction de la pauvreté et les comptes nationaux ;
  2. La gouvernance environnementale doit être renforcée à tous niveaux ;
  3. La consommation et la production durables doivent être plus encouragées. En particulier, la réduction et la gestion des déchets doivent être prioritaires ;
  4. Il faut investir dans une production et une consommation plus propres pour aider à contrôler la pollution, parallèlement à un financement accru pour la surveillance de la pollution, l'infrastructure, la gestion et le contrôle ;
  5. Les partenariats multipartites et la collaboration sont vitaux dans ce contexte pour l'innovation, le partage des connaissances et la recherche transdisciplinaire nécessaire au développement de solutions technologiques et écosystémiques.

  • des interventions ciblées, basées sur des évaluations des risques et des preuves scientifiques des impacts, pour lutter contre les polluants «percutants» ainsi que les zones de pollution (air, eau marine et côtière, terre / sol), y compris les catégories transversales (produits chimiques, déchets ) ;
  • des transformations à l'échelle du système pour orienter l'économie vers une plus grande efficacité et une plus grande équité dans le partage des ressources, la circularité et la consommation et la production durables, et améliorerait la résilience des écosystèmes de façon à soutenir un développement plus propre et plus durable.

1 Pour une explication de la différence entre le notions de danger et de risque, voir la vidéo d’animation de GreenFacts (sous-titrée en français) :
www.youtube.com/watch?v=PZmNZi8bon8 
2 Voir : http://www.un.org/sustainabledevelopment/fr/ 


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