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Changement Climatique - Mise à jour GIEC 2013

6. Quelles sont les principales incertitudes concernant le changement climatique ?

  • 6.1 Quelles sont les principales incertitudes liées à l'observation de changements dans le système climatique ?
  • 6.2 Quelles sont les principales incertitudes dans les moteurs-clés du changement climatique ?
  • 6.3 Quelle sont les incertitudes clés dans la compréhension des récents changements dans le système climatique ?
  • 6.4 Quelles sont les principales incertitudes liées aux projections globales et régionales du changement climatique ?

L'influence humaine a été détectée dans presque toutes les grandes composantes évaluées du système climatique. Pris ensemble, les résultats combinés disponibles augmentent le niveau global de confiance dans l'attribution des changements climatiques observés, et réduit les incertitudes liées à une évaluation fondée sur une variable climatique unique. La cohérence des changements observés avec des simulations de forçages anthropiques et naturels dans le système physique est remarquable.

De ces éléments de preuve combinés, il est pratiquement certain que l'influence humaine a réchauffé le système climatique mondial. L’influence anthropique a été identifiée dans les changements de température proches de la surface de la terre, dans l'atmosphère et dans les océans, ainsi que des changements dans la cryosphère (glaciers, calottes glaciaires et pergélisol), le cycle de l'eau et les conditions climatiques extrêmes. Pour les températures annuelles moyennes de l'hémisphère Nord, la période 1983-2012 a été très probablement la période de 30 ans la plus chaude des 800 dernières années (degré de confiance élevé) et probablement la période de 30 ans la plus chaude des 1400 dernières années (confiance moyenne). Ceci est soutenu par la comparaison des températures observées par les instruments avec de multiples reconstructions d'une variété de données indirectes et de méthodes statistiques.

Sur tous les continents sauf l'Antarctique, l'influence anthropique a probablement apporté une contribution substantielle à l’augmentation de la température de la surface terrestre depuis le milieu du 20ème siècle.

Il y a aussi des preuves solides qui excluent le forçage radiatif d’origine solaire, les volcans et la variabilité interne comme principaux moteurs du réchauffement climatique depuis 1950.

Cependant, une série d'incertitudes demeurent. La compréhension des sources et les moyens de caractériser les incertitudes dans les projections de grande envergure à long terme du changement climatique n'a pas beaucoup changé depuis le rapport précédent, mais de nouvelles expériences et études ont continué à faire avancer vers une caractérisation plus complète et rigoureuse. Plus en anglais…

6.1 Quelles sont les principales incertitudes liées à l'observation de changements dans le système climatique ?

La capacité des modèles climatiques à simuler la température de surface s'est améliorée à bien des égards mais il reste quelques problèmes qui avaient été identifiés dans le rapport précédent (AR4).

Il y a toujours un degré très élevé de confiance dans la capacité des les modèles à reproduire à large échelle les données observées de température de surface de temps moyennes, mais des erreurs systématiques de plusieurs degrés Celsius sont observées pour certaines régions. Il est fort probable qu'à l'échelle régionale (sous- continentale et en dessous), l’évolution temporelle de la température moyenne de surface est mieux simulée que dans le rapport précédent AR4, mais le degré de confiance dans la capacité du modèle régional est inférieur à celui à grande échelle.

Par ailleurs, les modèles continuent à être moins performants pour les précipitations que pour la température de surface. Il y a un très haut degré de confiance dans le fait que le principal facteur de sensibilité contribuant à la propagation de l'équilibre climatique continue à être l’effet de rétroaction produit par les nuages. Il y a en effet un très grand degré de confiance dans le fait que, conformément aux observations, les modèles montrent une forte corrélation positive entre la température de la troposphère et celle de la vapeur d'eau de l'échelle régionale à l'échelle mondiale.

Cependant, la capacité de simuler les changements dans la fréquence et l'intensité des événements extrêmes reste limitée. Il existe en effet un certain nombre d'incertitudes quand il s'agit de certains éléments des changements observés dans le système climatique :

  • le faible degré de confiance dans la «structure verticale» du réchauffement de la basse atmosphère et du refroidissement de la haute atmosphère ;
  • les données incomplètes sur les changements mondiaux au niveau des précipitations ;
  • une ambiguïté substantielle sur la variabilité des nuages ;
  • le faible degré de confiance dans la tendance observée pour les sécheresses ;
  • le faible degré de confiance dans les changements à long terme pour les cyclones tropicaux ;
  • la grande variabilité entre les années de la circulation atmosphérique à grande échelle, ce qui rend l'observation de leurs modèles-types difficile ;
  • la mauvaise caractérisation dans l’historique de la température de la couche supérieure de l'océan (0 - 700 m) ;
  • l'échantillonnage trop limité pour pouvoir estimer la température l'océan au niveau mondial et la chaleur absorbée annuellement par l'océan dans les profondeurs sous les 700 m avant 2005 ; et au-delà de 2000 m, les observations sont encore limitées.
  • L'observation continue de la circulation océanique reste limitée.
  • À l'échelle mondiale, la perte de masse par la fonte des glaciers et des calottes glaciaires n’est pas encore complètement évaluée. Les plus grandes incertitudes viennent de l'Antarctique où les observations concernant les banquises sont également insuffisantes.

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6.2 Quelles sont les principales incertitudes dans les moteurs-clés du changement climatique ?

  • Les incertitudes concernant la façon dont les aérosols interagissent avec les nuages restent la principale incertitude concernant l’influence de l'homme dans l'impact des gaz à effet de serre (forçage) sur l’augmentation de température. Cette interaction est susceptible de contribuer à cette augmentation, mais sa quantification reste difficile.
  • les reconstitutions historiques du climat et les modèles du système climatique de la terre (modèles du système terrestre) indiquent également qu'il pourrait y avoir une corrélation (appelée "rétroaction positive") entre l'évolution du climat et l'évolution de la concentration en CO2 de l’atmosphère, mais le degré de confiance reste faible dans la force de cette corrélation.

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6.3 Quelle sont les incertitudes clés dans la compréhension des récents changements dans le système climatique ?

  • Dans certains aspects du système climatique, notamment la sécheresse, l'activité cyclonique, le réchauffement de l'Antarctique, l’étendue des banquises et le bilan de masse des glaciers, le degré de confiance reste faible dans l'attribution des changements à l'influence humaine, ceci en raison des incertitudes de modélisation et du faible accord entre les études scientifiques.
  • À l'échelle mondiale, les incertitudes dans les observations et dans les forçages, comme celui causé par les aérosols, limite la compréhension de nombreux processus du système climatique : la simulation des nuages et la modélisation du cycle de l'eau restent aussi difficile.

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6.4 Quelles sont les principales incertitudes liées aux projections globales et régionales du changement climatique ?

  • Il y a un degré de confiance moyen dans la prévisibilité de la température résultant de la modélisation, à la fois pour la moyenne mondiale et pour certaines régions géographiques.
  • Les résultats pour les précipitations indiquent une faible prévisibilité générale. Les projections climatiques à court terme sont également limitées par le faible degré de confiance dans les projections du forçage radiatif naturel ;
  • Il y a un faible degré de confiance dans les projections d’un déplacement vers les pôles de la position et de la force des trajectoires des tempêtes dans l'hémisphère Nord ;
  • Il y a généralement un faible degré de confiance dans les projections de tendances significatives dans la fréquence des cyclones tropicaux et leur intensité dans le 21ème siècle.
  • Les prévisions de changements dans l'humidité et les ruissellements à la surface des sols ne sont pas robustes dans de nombreuses régions ;
  • Plusieurs composantes ou les phénomènes de changements abrupts ou non linéaires dans le système climatique restent difficiles à prévoir ;
  • Il y a un faible degré de confiance relatif à l'ampleur des émissions de carbone dans l'atmosphère due à la fonte du pergélisol. Il y a aussi un degré de confiance limité dans l’évaluation des émissions de méthane comme celles provenant de sources naturelles, telles que les zones humides ou les hydrates de gaz.
  • Il y a un degré de confiance moyen dans l’incidence de la fonte des calottes glaciaires sur le niveau de la mer au cours du 21ème siècle, et un manque de confiance dans les projections au-delà de 2100.
  • Il y a un faible degré de confiance dans les projections des modèles concernant l'élévation du niveau des mers, et aucun consensus dans la communauté scientifique quant à leur fiabilité.
  • Il y a un faible degré de confiance dans les projections de nombreux aspects du changement climatique au niveau régional.

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