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Perturbateurs Endocriniens

3. Les SAE ont-elles des effets sur la faune ?

  • 3.1 Quels exemples illustrent le mieux les effets sur la faune ?
  • 3.2 Les observations sur la faune sont-elles fiables ?

Plusieurs études menées sur des espèces sauvages, dans la nature ou en laboratoire, indiquent que l'exposition à certaines substances à action endocrine (SAE) a entraîné des effets néfastes sur quelques populations. Ces effets varient, allant de légères modifications des fonctions physiologiques ou du comportement sexuel à des effets permanents sur le développement des organes sexuels. L'essentiel de l'information à ce sujet vient d'Europe et d'Amérique du Nord.

Certaines SAE disparaissent rapidement de l'environnement, tandis que d'autres y persistent. Les animaux aquatiques – surtout les prédateurs– ont été les plus touchés, mais des effets ont également été observés sur des animaux terrestres. Une partie des effets néfastes observés sur certains animaux est probablement due à la perturbation endocrinienne. Cependant, dans la plupart des cas, le lien entre l'exposition aux SAE et la perturbation endocrinienne n'est pas clair. Plus en anglais…

3.1 Quels exemples illustrent le mieux les effets sur la faune ?

3.1.1 Mammifères: l'exposition à des composés organochlorés (BPC, DDE) a eu des effets néfastes sur les systèmes reproducteur et immunitaire des phoques de la mer Baltique, entraînant un déclin important des populations. Les systèmes endocriniens des phoques semblent endommagés mais on ne sait pas exactement comment ces substances provoquent ces effets. Plus en anglais…

3.1.2 Oiseaux: on a observé chez les rapaces exposés au pesticide DDT un amincissement de la coquille des oeufs et un développement altéré des organes sexuels, entraînant un fort déclin des populations. Des anomalies congénitales chez des oiseaux qui se nourrissent de poissons sont directement liées à une exposition au BPC. Cependant, la relation précise entre ces anomalies et une éventuelle perturbation endocrinienne sous-jacente n'est pas établi avec certitude. Plus en anglais…

3.1.3 Reptiles: une fuite présumée de pesticides dans le lac Apopka (Floride, USA) donne un exemple retentissant des effets des substances à action endocrine (SAE) potentielles sur la baisse du nombre d'alligators. Les alligators étaient atteints de diverses anomalies des organes sexuels et autres troubles de croissance. Ils sont attribués à une forte exposition à différents contaminants organochlorés, qui peuvent influer sur l'équilibre endocrinien. Même si plusieurs explications ont été avancées, la cause précise des changements observés sur les alligators reste inconnue. Plus en anglais…

3.1.4 Amphibiens: Un déclin de populations d'amphibiens, comme les grenouilles, a été constaté à travers le monde dans des habitats pollués comme non pollués. Actuellement, on manque d'informations pour déterminer si les SAE en sont la cause. Plus en anglais…

3.1.5 Poissons: Il y a de plus en plus de preuves que les substances présentes dans les eaux usées des usines de pâtes et papiers et des stations d'épuration, peuvent influer sur la reproduction et la croissance des poissons. Divers changements endocriniens interviennent, mais la nature et le mode d'action des substances responsables de ces changements ne sont pas encore tout à fait clairs. Plus en anglais…

3.1.6 Invertébrés (animaux sans colonne vertébrale): L'exposition au tributylétain (TBT), une substance utilisée dans les peintures antiparasites, constitue l'exemple le plus clair de l'effet d'un polluant présent dans l'environnement sur le système endocrinien des invertébrés. Les femelles de certains organismes marins comme les escargots, les limaces, les buccins et les bigorneaux, développent des organes sexuels masculins à la suite d'exposition au TBT, entraînant le déclin de leurs populations à travers le monde. Cet ‘ effet de masculinisation ’ est probablement du aux concentrations accrues d'hormones mâles chez les femelles en raison du TBT. Plus en anglais…

3.2 Les observations sur la faune sont-elles fiables ?

On a suggéré que les études sur la faune constituent des alertes précoces sur les effets néfastes de l'exposition aux substances à action endocrine (SAE) sur les humains. Cependant, comme il existe une grande variété d'espèces et que les études n'ont porté que sur certaines d'entre elles, il importe de ne pas tirer de conclusions trop hâtives sur les SAE. De plus, l'essentiel des études sur les effets possibles des SAE sur la faune ont été réalisées sur des cas individuels plutôt que sur des populations entières ou sur des communautés d'animaux.

Il est difficile d'évaluer l'impact des troubles des fonctions sexuelles et reproductrices et de la capacité de survie diminuée des descendants sur des populations entières. Dans l'ensemble, les connaissances scientifiques actuelles indiquent que certaines anomalies observées sur la faune sont dues à des substances agissant en tant que SAE. Cependant, dans la plupart des cas, les preuves d'un lien de causalité entre les anomalies observées et l'exposition à des substances spécifiques sont peu concluantes et la majeure partie des effets ont été observés dans des régions hautement contaminées. Plus en anglais…


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