Pêche
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Contexte - Les stocks de pêche et l'aquaculture bénéficient d’une attention croissante, d'une part parce qu’ils représentent une source de moyens de subsistance et de nourriture, et d'autre part parce que nous comprenons de mieux en mieux les écosystèmes aquatiques.
Beaucoup de stocks de poissons sont actuellement surexploités et la nature internationale des ressources rend la gestion des stocks difficile.
L’approvisionnement actuel en poissons est-il menacé?
- Quelle est la production globale de la pêche et de l'aquaculture?
- Qu’en est-il des pêcheurs, des aquaculteurs et de la flotte de pêche?
- Quelle est l’état des ressources de pêche?
- Comment les produits de la pêche sont-ils utilisés?
- Quelle est la quantité de produits de la pêche commercialisés?
- Quels polluants affectent les produits de la pêche?
- Comment la pêche est-elle réglementée?
- Conclusion
Ce Dossier est un résumé fidèle du rapport scientifique de consensus
produit en 2004 par l'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) :
"Situation mondiale des pêches et de l’aquaculture" Plus...
1. Quelle est la production globale de la pêche et de l'aquaculture?

Figure 1:
En 2002, la production mondiale de la pêche et de l’aquaculture cumulées atteignait environ les 133 millions de tonnes. La pêche stagne, tandis que l’aquaculture se développe. (voir tableau 1![]()
1.1
Les quantités de poissons pêchés sont restées stables entre 1999 et 2002, avec environ 93 millions de tonnes par an. La Chine et le Pérou sont en tête des 10 plus gros producteurs. Par ailleurs, ces dix pays occupent le Top 10 depuis plus de dix ans (voir tableau 4![]()
1.2
Les océans et les mers fournissent près de 90% des captures mondiales. Comparé à la décennie précédente, les quantités débarquées ont légèrement augmenté ces dix dernières années. Notons que la quantité de poissons pêchés en mer puis rejetés a chuté de quelque millions de tonnes durant la même période. Les tendances varient beaucoup selon les différentes régions et pour différentes espèces. L’espèce la plus pêchée est l’anchois du Pérou (Tableau 6![]()
1.3 La majorité des captures maritimes s’effectue dans les eaux du littoral. Cependant, la part des captures en haute mer a augmenté ces dernières décennies pour atteindre 11% du total des captures maritimes en 2002. Cette augmentation s’est accompagnée d’une croissance du commerce, en particulier dans les produits à base de thon. Les activités de pêche en eau profonde sont de plus en plus suivies et déclarées. Plus en anglais…
1.4
Les captures des eaux intérieures représentaient un peu moins de 10% de l’ensemble de la pêche en 2002. La majeure partie de la production mondiale provenait de pays en développement, plus particulièrement d’Afrique et d’Asie (Tableau 7![]()
1.5 L’aquaculture est le secteur producteur d’aliments d’origine animale dont la croissance est la plus rapide, en particulier dans les pays en développement. À lui seul, ce secteur représente près d’un tiers de la distribution mondiale de produits halieutiques. La Chine et d’autres pays asiatiques sont de loin les plus grands producteurs. À la différence de l’agriculture où l’ensemble de la production se base sur un nombre d’espèces limité, l’aquaculture se fonde sur plus de 220 espèces, parmi lesquelles les carpes et autres poissons de la même espèce représentent le plus grand groupe en termes de quantité. Les autres groupes comprennent les mollusques et les plantes aquatiques. Les activités naissantes à croissance rapide sont par exemple l’élevage de cabillaud (également appelée morue de l'Atlantique) et l’engraissage du thon sauvage capturé. Plus en anglais…
2. Qu’en est-il des pêcheurs, des aquaculteurs et de la flotte de pêche?

Purse Seiner, France
Source: FAO
2.1 La pêche et l’aquaculture offrent un emploi et un revenu direct à près de 38 millions de personnes, principalement des pêcheurs mais aussi de plus en plus des aquaculteurs. Il est souvent difficile de disposer de statistiques détaillées, surtout pour les activités de pêche à petite échelle dans les pays en développement. Globalement, la tendance montre que le nombre d’emplois pour les pêcheurs stagne et que l’aquaculture offre de plus en plus d’opportunités, dans une moindre mesure toutefois depuis 2000. Plus en anglais…
2.2 Les catastrophes naturelles tels que les cyclones, les inondations et les raz-de-marées peuvent avoir des effets dévastateurs sur les communautés de pêcheurs. En situation d’urgence, le soutien au secteur de la pêche peut s’avérer essentiel pour fournir aux personnes des moyens de survie. Plus en anglais…
2.3 Après que la flotte mondiale de pêche s’est développée pendant des années, le nombre de navires de pêche (pontés) est resté relativement stable depuis le début des années 90. Une grande partie de l’ensemble de la flotte est concentrée en Asie. La moyenne d’âge des plus grands navires de pêche soulève des inquiétudes sur la sécurité de l’équipage ainsi que sur les normes relatives à leur logement. La capacité de transport combiné des grands navires de pêche maritime a atteint son plus haut niveau en 1992 , elle a ensuite diminué en raison de l’adoption de programmes visant à limiter la capacité des flottes de pêche.
Dans plusieurs pays parmi les plus gros producteurs de pêche, tels que la Nouvelle Zélande, la taille de la flotte a continué à diminuer. Certains des grands navires sont démantelés, d’autres passent dans des registres étrangers, et d’autres encore sont recensés comme battant pavillon inconnu. (voir tableau 9![]()
3. Quelle est l’état des ressources de pêche?
3.1 Les quantités de poissons pêchés en mer et dans les océans étaient en hausse entre 1998 et 2000, et elles se sont stabilisées à un niveau légèrement plus bas depuis 2001 (avec 84 millions de tonnes). Cette légère baisse s’explique principalement par un déclin des prises dans le Pacifique Sud-Est et le Pacifique Nord-Ouest mais les tendances varient beaucoup selon les régions. Le thon est la plus importante ressource exploitée en haute mer, particulièrement dans l’Océan Pacifique. Plus en anglais…
3.2 Dans de nombreuses régions, les stocks traditionnels de poissons sont épuisés et les pêcheurs se tournent désormais vers des espèces à moindre valeur. Environ la moitié de tous les stocks surveillés est à présent entièrement exploitée, un quart est surexploité, épuisé ou en cours de lente reconstitution (voir schéma sur l’état des stocks de la pêche marine mondiale). Le quart restant est sous- ou modérément exploité. Les données disponibles nous permettent de conclure que le potentiel mondial maximum des pêches de capture marines a été atteint et que des mesures de gestion restrictives sont nécessaires. Plus en anglais…
3.3 Habituellement, les politiques et gestions de pêche se sont focalisées sur des stocks de pêche individuels. Les préoccupations grandissantes relatives aux écosystèmes ont appelé à approfondir les recherches sur les processus qui interagissent avec les stocks de poissons. Il est nécessaire d’en savoir plus sur les interactions entre les habitats, les communautés aquatiques, les activités sur terre ferme, les changements climatiques, etc. Toutefois, l’état actuel des ressources de pêche et leurs écosystèmes ne permet pas vraiment de post-poser les actions de gestions qui auraient dû être prises durant ces trente dernières années. Plus en anglais…
3.4 Les stocks de poissons dans les eaux intérieures sont plus difficiles à surveiller. De plus, très peu de pays ont les moyens de fournir des données complètes. Les ressources de pêche des eaux intérieures sont souvent sous-évaluées et menacées par des activités de pêche non durables et par la modification ou la dégradation de l’habitat. De nombreux bassins fluviaux particulièrement dans les pays en développement, servent à la pêche intensive, et dans de nombreux cas les quantités pêchées augmentent. Les poissons des eaux intérieures sont le groupe le plus menacé parmi les vertébrés exploités par l’homme. Néanmoins des efforts ont été réalisés dans beaucoup de régions pour augmenter les stocks de pêche des eaux intérieures. Plus en anglais…
4. Comment les produits de la pêche sont-ils utilisés?

Source: FAO
4.1 Le poisson est principalement consommé frais ou transformé sous forme congelée, en conserve ou fumé. Plus des trois quarts de la production mondiale de poisson sont consommés par l’homme. Le reste sert pour la plupart à nourrir les animaux principalement sous forme de farines de poissons. Plus en anglais…
4.2 La consommation de poissons et fruits de mer peut varier fortement selon les régions du monde, représentant de 1 kg à plus de 100 kg par an et par personne. La consommation moyenne mondiale de poisson a atteint 16.2 kg par personne en 2002. La production et la consommation par personne est particulièrement élevée en Chine et dans d’autres pays d’Asie. Plus en anglais…
4.3 Dans de nombreuses régions du monde le secteur de la pêche peut contribuer à réduire la pauvreté et à atteindre une sécurité alimentaire. Les pays en développement fournissent désormais 70% de l’ensemble de la consommation de poisson par l’homme, ce qui contribue fortement à leur économie. La pêche devrait être de façon adéquate intégrée aux politiques nationales relatives à la lutte contre la pauvreté et au développement rural. Plus en anglais…
5. Quelle est la quantité de produits de la pêche commercialisés?
5.1 Le commerce mondial du poisson a augmenté aussi bien en termes de quantité que de valeur. En 2002, la Chine a dépassé la Thaïlande pour devenir pour la première fois le plus grand exportateur mondial de poissons et de produits dérivés de la pêche, avec un total d’exportations estimé à 4.5 milliards US dollars. En 2002, le plus gros importateur était le Japon avec plus d’un cinquième des importations mondiales. Plus en anglais…
5.2 Le poisson étant une denrée hautement périssable, plus de 90% des produits commercialisés à base de poissons sont transformés (c’est-à-dire congelés, mis en conserve ou fumés). Les produits dérivés de l’aquaculture représentent une part croissante du commerce international de produits de la pêche. Plus en anglais…
5.3 L’exportation de poissons constitue une source croissante de devises étrangères pour les pays en développement. Ces revenus sont beaucoup plus élevés que ceux provenant d’autres produits de base tels que le riz, le café et le thé. Les exportations des pays en développement sont en train de passer graduellement de la fourniture de matières premières pour l’industrie de transformation du poisson dans les pays développés à la vente de poissons vivants de grande valeur ou de produits transformés. Le commerce des produits de pêche transformés est de plus en plus protégé par des accords internationaux. Plus en anglais…
5.4 Les principaux segments de marché pour les produits de la pêche concernent notamment le saumon, le thon, d’autres poissons, la crevette, le calmar et le poulpe, ainsi que la farine de poisson utilisée pour nourrir les animaux. Plus en anglais…
6. Quels polluants affectent les produits de la pêche?

Mercure

Arsenic

Dioxines

PCB [en]
6.1 Plusieurs substances peuvent se retrouver dans les poissons et les fruits de mer. À titre d’exemple ceux-ci peuvent contenir du mercure et de l’arsenic, des substances organiques persistantes telles que les dioxines et les PCB (Polychlorobiphényles) ou des résidus d’antibiotiques et d’hormones utilisées dans l’aquaculture.
Certains éléments sont essentiels pour vivre à faibles concentrations mais deviennent toxiques à des concentrations élevées. D’autres sont toxiques même à faible concentration lorsqu’ils ont été absorbés sur une période prolongée. La quantité de substances polluantes particulières présentes dans les aliments issus de la même pêche varie fortement en fonction de facteurs tels que le lieu de pêche ou l’espèce. Plus en anglais…
6.2 Diverses études ont conclu que les niveaux d’agents contaminants sont faibles dans le poisson destiné à être consommé par l’homme. On pense que ces niveaux sont en deçà des seuils à partir desquels ils sont susceptibles d’affecter la santé humaine. Toutefois, certains consommateurs pensent que même à de très faibles niveaux, ces substances présentent un risque pour leur santé. De telles inquiétudes peuvent facilement déclencher des paniques alimentaires et avoir des impacts négatifs considérables sur le commerce du poisson. Plus en anglais…
6.3 La croissance du commerce international présente de nombreux avantages mais aussi de nouveaux défis en matière de sécurité et de qualité. Des niveaux maximums de contamination devraient être fixés afin d’assurer la meilleure protection possible du consommateur, tout en prenant en compte le fait que tous les poissons sont exposés à des niveaux de fonds de pollution. Des stratégies devraient également être adoptées afin de réduire cette contamination de fond de l’environnement et de mieux informer le consommateur. Plus en anglais…
7. Comment la pêche est-elle réglementée?
7.1 L’interaction et la collaboration internationales liées à la pêche reposent sur un grand nombre d’organismes régionaux des pêches (RFBs, de l’anglais Regional Fishery Bodies). Au cours des 50 dernières années, elles ont acquis un rôle plus actif dans les prises de décisions. Leur rôle a particulièrement changé au début des années 90 grâce à une prise de conscience grandissante relative à la raréfaction des ressources de la pêche. Toutefois, le renforcement des organismes régionaux ne traduisent pas toujours une gestion des pêches plus efficace. Leurs actions peuvent être limitées si les États ne leurs donnent pas assez de pouvoir ou s’ils n’appliquent pas leurs décisions. Plus en anglais…
7.2 L’aquaculture est de plus en plus réglementée par des mesures telles que l’étiquetage par rapport à l’origine, la tracabilité, et les résidus de traitements vétérinaires. Les principaux pays et régions d’importations ont commencé à mettre en place des normes strictes pour assurer la qualité et la sécurité et réduire les impacts sociaux et environnementaux de la production. Toutefois, dans beaucoup de pays en développement, la transition vers des pratiques durables est lente.
Les politiques de développement perçoivent de plus en plus l’aquaculture comme un moteur pour la croissance économique. En effet, ce secteur s’élargit, se diversifie, s’intensifie et évolue technologiquement à un rythme plus soutenu que tout autre secteur de production animale. Plus en anglais…
8. Conclusion
“La situation mondiale des pêches et de l'aquaculture 2004” conclue que ces dernières années, au niveau mondial les pêches et l’aquaculture ont continué à suivre les tendances qui apparaissaient déjà à la fin des années 90. En d’autres termes, les quantités pêchées continuent de stagner tandis que la production d’aquaculture se développe plus rapidement que tout autre secteur d’alimentation animale.
En outre, la sauvegarde des emplois liés à la pêche ainsi que la durabilité des captures commerciales et de l’écosystème aquatique duquel elles proviennent, suscitent toujours plus d’inquiétudes.
Environ les trois quart des réserves marines surveillées sont à présent complètement exploitées, surexploitées voire même épuisées. Par conséquent, il semble ne plus y avoir de potentiel pour accroître davantage la capture marine. En outre, l’état actuel des ressources de pêche et de leurs écosystèmes ne permettent plus vraiment de retarder les actions qui auraient dû être réalisées durant ces trente dernières années.


