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Substances Psychoactives Tabac, alcool et substances illicites

6. Comment prévenir et traiter la dépendance aux substances psychoactives?

  • 6.1 Quelles sont les différentes options de traitement pharmacologique de la dépendance ?
  • 6.2 Quelles sont les différentes thérapies comportementales permettant de traiter la dépendance ?
  • 6.3 Quelles questions éthiques la recherche sur la dépendance à la drogue soulève-t-elle ?

La dépendance à la drogue se traite au moyen de traitements pharmacologiques et de thérapies comportementales, lesquelles sont une sorte de psychothérapie. L’approche la plus efficace semble être celle qui associe les deux. De nombreux traitements ont porté leurs fruits mais d’autres restent controversés, pour des raisons éthiques. De nouveaux traitements plus efficaces sont actuellement en cours d’élaboration.

On ne sait toujours pas si l’on doit considérer qu’un traitement a fonctionné dans le seul cas où la personne arrête toute prise de drogue ou si la réduction de la quantité ou de la fréquence de la prise peut également être considérée comme un succès. Plus en anglais…

6.1 Quelles sont les différentes options de traitement pharmacologique de la dépendance ?

La méthadone est un médicament de substitution pour l’héroïne
La méthadone est un médicament de substitution pour l’héroïne
Source: methadonetreatment.net

L’efficacité de toute une variété de médicaments et de traitements comportementaux dans le traitement de la dépendance à la drogue a été démontrée.

En termes de traitements pharmacologiques, les options sont les suivantes :

  1. Les médicaments ou procédés qui interfèrent avec l’action de la drogue dans le corps. Par exemple, certains médicaments éliminent les effets agréables des drogues alors que d’autres provoquent des réactions déplaisantes quand elles sont combinées avec la drogue et rendent ainsi la consommation de drogue désagréable. Le principal problème posé par ces médicaments est que les patients dépendants à la drogue prennent souvent leur traitement de manière irrégulière, ce qui le rend inefficace. Il est aussi toujours éthiquement controversé de décider si un patient qui ne consent pas à suivre un traitement peut y être contraint, ou si des traitements induisant d’autres effets, potentiellement irréversibles, peuvent être utilisés.
  2. Les traitements de substitution ou d’entretien. Ils consistent à donner aux consommateurs de drogue une substance qui provoque certains des effets de la drogue mais sans en avoir les effets les plus nocifs. Cette option a été largement utilisée dans le traitement de la dépendance aux opioïdes au moyen de méthadone et d’autres substances servant de substituts à l’héroïne. Le but est d’aider les consommateurs de drogue à éviter de reprendre leurs anciennes habitudes illégales et nocives liées à la prise de drogues ainsi que les risques qui y sont associés, comme la mort, le crime et la maladie. Même si les traitements de substitution permettent de réduire les dommages causés à la société (par exemple à travers une moindre activité criminelle) ou à l’individu (par exemple à travers un taux plus faible d’infection par le VIH), elles contribuent à perpétuer la dépendance, ce qui soulève des questions éthiques.

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Tableau 5 Traitements pharmacologiques de la dépendance

6.2 Quelles sont les différentes thérapies comportementales permettant de traiter la dépendance ?

Les thérapies comportementales visent à remplacer la motivation à consommer de la drogue par une motivation à pratiquer d’autres comportements. Ces thérapies ont pour objectif d’aider les personnes à “désapprendre” leur comportement associé à la prise de drogue, à apprendre de nouvelles façons de répondre aux désirs compulsifs et à développer de nouvelles techniques pour ne pas rechuter. Ces thérapies comprennent une psychothérapie, un soutien psychosocial et de l’aide psychologique pour encourager un changement comportemental et émotionnel. Ces thérapies reposent sur les mêmes principes d’apprentissage et de motivation utilisés pour décrire l’apparition de la dépendance.

Il existe quatre types de thérapies comportementales:

  • Les thérapies comportementales cognitives visent à identifier ce qui conduit à la prise de drogue et à apprendre de nouvelles façons de réagir aux besoins compulsifs de prise de drogue.
  • Les thérapies de prévention des rechutes sont des techniques visant à améliorer chez les patients leur maîtrise d’eux-mêmes dans le but d’éviter des rechutes, par exemple en identifiant les stimuli émotionnels et environnementaux induisant les besoins irrépressibles et la prise de drogue.
  • Les techniques de conditionnement opérant utilisent le principe de récompense et de punition pour aider les personnes à arrêter la prise de drogue.
  • Les thérapies d’entretien de motivation motivent les patients en leur demandant leur opinion au sujet des comportements spécifiques liés à la drogue, et en se penchant sur les buts qu’ils veulent atteindre.

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6.3 Quelles questions éthiques la recherche sur la dépendance à la drogue soulève-t-elle ?

L’évolution rapide dans le domaine de la recherche en neurosciences entraîne dans son sillage une vague de nouvelles questions éthiques concernant à la fois la recherche et le traitement et doivant être abordées.

La recherche biomédicale est guidée par un ensemble de principes moraux :

  • Principe d’autonomie: les personnes doivent consentir volontairement au traitement ou à leur participation à la recherche et toute information fournie à un chercheur doit rester confidentielle.
  • Principe consistant à ne pas nuire: les risques liés à la participation à la recherche doivent être aussi minces que possible.
  • Agir pour le bien des patients: les avantages pour la société et les participants doivent l’emporter sur les risques encourus.
  • Notion de justice: les risques et les avantages liés à la recherche doivent être équitablement répartis.

Cependant, la recherche sur la dépendance à la drogue évolue rapidement et soulève de nouvelles questions éthiques, tant au sujet de l’expérimentation sur les animaux que sur les êtres humains. Par exemple, une personne identifiée par dépistage génétique comme étant prédisposée à devenir dépendante à la drogue pourrait perdre un peu d’estime pour elle-même. Si cette information est disponible pour d’autres, cela pourrait désavantager la personne en réduisant ses chances de trouver un emploi, une entreprise prête à lui offrir une assurance, ou un partenaire.

Les essais cliniques comparent les effets de différents médicaments ou traitements comportementaux - et parfois de placebos - sur la consommation de drogue, la santé, l’ajustement social, et le bien-être des personnes dépendantes à la drogue. Par conséquent, une personne participant à un essai clinique peut potentiellement en retirer un avantage/bénéficier de cette participation. Comme les entreprises pharmaceutiques financent de nombreux essais cliniques, il est important de s’assurer que le public puisse avoir confiance en les résultats. Les critères définissant de bons essais cliniques requièrent qu’un échantillon représentatif de la population à risque soit impérativement recruté pour de telles études. Il est recommandé que le respect du protocole fasse l’objet d’une surveillance indépendante.

La garantie de l’égalité de l’accès au traitement pour tous ceux qui en auraient besoin est un exemple d’autres questions éthiques. En outre, la question se pose de savoir dans quelles proportions les fonds publics devraient financer les traitements de la dépendance à la drogue, et si quelqu’un devrait être obligé d’accepter un traitement médical pour sa dépendance à la drogue. Plus en anglais…


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