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Biodiversité et le bien-être humain

8. Conclusion

  • 8.1 Quel est le problème ?
  • 8.2 Pourquoi la perte de biodiversité est-elle préoccupante ?
  • 8.3 Quelle est la valeur de la biodiversité ?
  • 8.4 Quelles sont les causes de la perte de biodiversité et comment évoluent-elles ?
  • 8.5 Quelles mesures peuvent être prises ?
  • 8.6 Quelles sont les chances de ralentir le rythme de la perte de biodiversité d’ici 2010 ?

8.1 Quel est le problème ?

Conclusion #1. Les activités humaines sont en train de modifier fondamentalement - et, dans une large mesure, de façon irréversible - la diversité de la vie sur terre, et la plupart de ces changements sont synonymes de perte de biodiversité. Les changements au sein d’importantes composantes de la diversité biologique ont été plus rapides au cours des 50 dernières années qu’à n’importe quelle autre période de l’histoire humaine. Les projections et scénarios indiquent que le rythme de ces changements se maintiendra ou accélérera dans le futur.

L’extinction des espèces fait partie du cours naturel de l’histoire de la planète. Cependant, au cours des 100 dernières années, les êtres humains ont multiplié le rythme d’extinction par au moins 100 par rapport au rythme d’extinction naturel, entraînant ainsi une perte nette de biodiversité. Quelque 12 % des espèces d’oiseaux, 23 % de mammifères, 25 % de conifères et 32 % d‘amphibiens sont actuellement menacés d’extinction. Des menaces d’extinction tout aussi alarmantes planent également sur les organismes aquatiques.

De nombreuses populations de plantes et d’animaux ont décliné en termes de nombre d’individus, de répartition géographique, ou les deux. La diversité génétique a également décliné au niveau mondial, particulièrement parmi les espèces végétales et animales domestiquées au sein des systèmes agricoles.

La distribution des espèces sur terre devient plus homogène. Cela est dû à l’extinction d’espèces ou la disparition de populations qui étaient spécifiques à certains territoires, ainsi qu’à l’invasion ou l’introduction d’espèces dans de nouvelles régions.

Aujourd’hui, pratiquement tous les écosystèmes de la planète ont été profondément transformés par les activités humaines. On s’attend à ce que la conversion des écosystèmes continue jusqu’en 2050 à cause de l’expansion de l’agriculture, des villes et des infrastructures. Plus en anglais…

8.2 Pourquoi la perte de biodiversité est-elle préoccupante ?

Conclusion #2. La biodiversité contribue directement et indirectement à de nombreux aspects du bien-être humain, dont la sécurité, les biens matériels de base pour mener une vie décente, la santé, de bonnes relations sociales et la liberté de choix et d’action.

Au cours du dernier siècle, beaucoup de gens ont bénéficié de la transformation des écosystèmes naturels et de l’exploitation de la biodiversité, mais les pertes de biodiversité et les changements dans les services fournis par les écosystèmes ont eu des conséquences négatives sur le bien-être de certaines populations et ont exacerbé la pauvreté au sein de certains groupes sociaux.

Beaucoup d’activités ayant causé l’homogénéisation ou la disparition de la biodiversité ont fourni d’importants avantages aux êtres humains. L’agriculture, la pêche et la sylviculture, par exemple, ont généré des revenus qui ont permis des investissements dans l’industrialisation et la croissance économique. Cependant, tous ces bénéfices n’ont pas été distribués équitablement parmi les populations et le coût de nombreux changements dans la biodiversité n’a pas été pris en compte par les décideurs.

Lorsque les êtres humains modifient un écosystème pour améliorer un des services qu’il fournit, cela se traduit généralement par l’altération d’autres services fournis par l’écosystème. Par exemple, des mesures visant à augmenter la production agricole peuvent entraîner une disponibilité moindre en eau pour d’autres usages, ainsi qu’une qualité d’eau dégradée. Bien que quelques services fournis par les écosystèmes ont été améliorés par l’homme, beaucoup d’autres services ont été dégradés.

De nombreux coûts associés aux changements dans la biodiversité peuvent être lents à apparaître, ou peuvent n’apparaître qu’à une certaine distance du lieu où la biodiversité a subi des modifications. Certains changements dans la biodiversité s’effectuent graduellement jusqu’à ce qu’une pression particulière sur l’écosystème atteigne un seuil, seuil au-delà duquel des changements rapides vers un nouvel équilibre se produisent. Par exemple, une augmentation constante de la pression de la pêche peut causer l’effondrement soudain des populations de poissons.

La perte de biodiversité est importante en tant que telle parce que la biodiversité présente une valeur spirituelle, esthétique, récréative et a d’autres fonctions culturelles; parce que de nombreuses personnes attribuent à la biodiversité une valeur intrinsèque; et parce que la biodiversité recèle des potentialités inexplorées qui pourraient être utiles à l’avenir. Plus en anglais…

8.3 Quelle est la valeur de la biodiversité ?

Conclusion #3. Bien que de nombreuses personnes profitent des activités qui génèrent une perte de biodiversité et des transformations au sein des écosystèmes, l’ensemble des coûts supportés par la société est souvent plus élevé. C’est ce que révèlent de meilleures techniques d’évaluation et de meilleures informations sur les services fournis par les écosystèmes.

Même dans les cas où notre connaissance des coûts et des bénéfices est incomplète, une approche préventive peut être justifiée lorsque les coûts associés aux changements dans les écosystèmes peuvent se révéler importants, ou les changements irréversibles.

Même dans les cas où les coûts supportés par la société dépassent les bénéfices, la conversion des écosystèmes a souvent été encouragée parce que le coût associé à la perte de services fournis par les écosystèmes n’a pas été pris en compte, parce que les gains privés étaient importants (bien que moindres que les pertes publiques), et également parce que des subventions ont parfois faussé le marché.

Les indicateurs économiques conventionnels reflètent mal les avantages qui pourraient être obtenus d’une meilleure gestion des écosystèmes. Un pays pourrait abattre ses forêts et épuiser ses réserves de poisson, cela ne se traduirait que par une augmentation du PIB, malgré la perte de capital naturel.

Les coûts qui résultent des «surprises» écologiques, telles que des événements extrêmes comme les inondations et les incendies, peuvent être très élevés.

On s’attend à ce que les coûts et les risques associés à la perte de biodiversité augmentent, et portent atteinte de façon disproportionnée aux populations pauvres, lesquelles dépendent plus fortement des services fournis par les écosystèmes locaux.

Il existe de nouveaux outils permettant de mieux quantifier la valeur que les populations accordent à la biodiversité et aux différents services fournis par les écosystèmes. Cependant, la valeur de certains de ces services est difficile à quantifier, et n’est souvent pas prise en compte dans les processus de prise de décision. Plus en anglais…

8.4 Quelles sont les causes de la perte de biodiversité et comment évoluent-elles ?

Conclusion #4. Les facteurs de changement directs et indirects continueront de provoquer une perte de biodiversité ainsi que des changements dans les services fournis par les écosystèmes au même rythme que le rythme actuel, voire plus rapidement.

Les principaux facteurs de changement indirects sont les changements dans la population humaine, l’activité économique et en matière de technologie, ainsi que les facteurs socio-politiques et culturels.

Les principaux facteurs directement responsables de la perte de biodiversité sont : la modification des habitats, (comme la fragmentation des forêts), les espèces étrangères envahissantes (qui s’établissent et se répandent en dehors de leur zone de répartition géographique habituelle), la surexploitation des ressources naturelles, la pollution (en particulier l’utilisation excessive d’engrais entraînant des niveaux démesurés de nutriments dans le sol et l’eau), et le changement climatique. Plus en anglais…

8.5 Quelles mesures peuvent être prises ?

Conclusion #5. Beaucoup de mesures prises pour conserver la biodiversité et promouvoir son utilisation durable sont parvenues à limiter la perte de biodiversité. Les rythmes de perte de biodiversité sont aujourd’hui plus bas qu’ils n’auraient étés en l’absence de telles mesures. Il y aurait moins de biodiversité sur terre aujourd’hui si certaines communautés, ONG, gouvernements et, de plus en plus, certains milieux d’affaires et industriels n’avaient pas pris de mesures pour conserver la biodiversité, atténuer son déclin et encourager son utilisation durable. Pour atteindre des résultats plus conséquents en matière de conservation, il sera nécessaire (mais pas suffisant) de renforcer une série de mesures se concentrant prioritairement sur la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité et des services fournis par les écosystèmes.

Les mesures qui se concentrent prioritairement sur la conservation comprennent : l’instauration de zones protégées, la protection des espèces et les mesures visant à reconstituer les populations des espèces menacées, la conservation de la diversité génétique dans le milieu naturel et en dehors (comme dans les banques de gènes), et la restauration des écosystèmes.

Les mesures qui se concentrent prioritairement sur l’utilisation durable sont, entre autres, d’offrir des incitants économiques, d’intégrer des considérations liées à la biodiversité dans les pratiques de gestion (par exemple en agriculture, en sylviculture et en matière de pêche), ou encore de s’assurer que les communautés locales bénéficient bien de la biodiversité.

Les mesures centrées à la fois sur la conservation et sur l’utilisation durable comprennent : une coordination plus étroite entre les accords internationaux ayant un impact sur la biodiversité et l’utilisation des ressources naturelles, une plus grande prise de conscience du grand public ainsi qu’une communication et une éducation accrues, une amélioration de notre capacité à évaluer les conséquences du changement des écosystèmes sur le bien-être humain et une meilleure coopération entre différents secteurs décisionnels.

Cependant, bon nombre des mesures ci-dessus ne seront pas suffisantes, sauf si d’autres facteurs de changement directs et indirects sont abordés et si certaines conditions préalables à leur mise en œuvre sont satisfaites. Plus en anglais…

8.6 Quelles sont les chances de ralentir le rythme de la perte de biodiversité d’ici 2010 ?

Conclusion #6. Des efforts supplémentaires sans précédent seraient nécessaires pour atteindre, d’ici 2010, une réduction considérable du rythme de perte de biodiversité à tous les niveaux.

De fait, le défi est de taille puisque cela peut prendre plusieurs années avant que les institutions humaines n’agissent, et avant que les impacts positifs et négatifs des activités humaines sur la biodiversité et les écosystèmes ne deviennent visibles.

Si des mesures appropriées sont prises, il est possible de parvenir, d’ici 2010, à une diminution du rythme de perte de biodiversité pour certains aspects de celle-ci et dans certaines régions. Le rythme de perte d’habitat, par exemple, est actuellement en train de ralentir dans certaines régions, bien que cela puisse ne pas forcément se traduire par des rythmes globaux de perte d’espèces moins élevés.

La prise de décision à tous les niveaux pourrait être améliorée par une meilleure compréhension des impacts des facteurs de changement sur la biodiversité, le fonctionnement des écosystèmes et les services fournis par les écosystèmes. Outre des objectifs à court terme, des objectifs à plus long terme (pour 2050 par exemple) sont nécessaires afin de diriger les politiques et actions, étant donné que les changements s’opérent sur différentes échelles de temps.

Alors que la biodiversité contribue de manière importante au bien-être humain, il est probable que bon nombre de mesures nécessaires pour promouvoir le développement économique et réduire la faim et la pauvreté réduiront la biodiversité. Ainsi, le but fixé par les Objectifs du Millénaire pour le Développement de réduire la faim dans le monde d’ici 2015 et celui de diminuer le rythme de perte de biodiversité d’ici 2010 doivent être abordés conjointement.

Les êtres humains dans l’ensemble, et plus particulièrement les décideurs politiques, ont encore le pouvoir aujourd’hui de choisir parmi une large palette d’approches différentes, et ces choix auront des implications différentes pour la biodiversité et le bien-être humain des générations actuelles et futures.

Selon le chemin qui sera emprunté, le monde en 2100 pourrait encore disposer d’une biodiversité importante ou être relativement homogénéisé et présenter des niveaux relativement faibles de diversité. Plus en anglais…


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