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Biodiversité et le bien-être humain

2. Pourquoi s’inquiéter de la perte de biodiversité?

  • 2.1 Quels sont les principaux liens entre la biodiversité et le bien-être humain?
  • 2.2 Quels objectifs concurrents peuvent influer sur la biodiversité ?
  • 2.3 Quelle est la valeur de la biodiversité pour le bien-être humain ?
  • 2.4 Comment les conséquences de la perte de biodiversité sont-elles distribuées?

La biodiversité est indispensable aux bienfaits que l’écosystème peut procurer aux êtres humainset contribue donc directement au bien-être de l’homme. Son rôle va au delà du simple fait d’assurer la disponibilité en matières premièreset touche également à la sécurité, à la résilience, aux relations sociales, à la santé ainsi qu’aux libertés et aux choix. Bien que de nombreuses personnes aient tiré profit, au cours du siècle dernier, de la transformation des écosystèmes naturels en écosystèmes dominés par l’homme, d’autres personnes ont souffert des effets de la perte de biodiversité. Plus en anglais…

2.1 Quels sont les principaux liens entre la biodiversité et le bien-être humain?

La biodiversité et les nombreux services des écosystèmes qu’elle fournit sont un facteur clé du bien-être humain. La perte de biodiversité a des effets négatifs, directs et indirects, sur plusieurs de ses dimensions : Plus en anglais…

2.1.1 La sécurité alimentaire : la présence de biodiversité représente souvent un «filet de sécurité» qui renforce la sécurité alimentaire et l’adaptabilité de certaines communautés locales à des perturbations économiques et écologiques extérieures. Les pratiques agricoles qui maintiennent et utilisent la biodiversité locale peuvent également améliorer la sécurité alimentaire. Plus en anglais…

Tableau 2.1. Pourcentage des ménages au Kenya et en Tanzanie qui dépendent de mécanismes basés sur les plantes indigènes [en]

2.1.2 La vulnérabilité  : de nombreuses communautés ont connu davantage de catastrophes naturelles au cours des dernières décennies. Par exemple, les communautés côtières ont souffert d’inondations de plus en plus graves à cause de la disparition des mangroves et des récifs de corail, véritables protections naturelles contre les inondations et les tempêtes. Plus en anglais…

2.1.3 La santé : un régime équilibré dépend de la disponibilité d’un large éventail d’aliments, laquelle dépend elle-même de la conservation de la biodiversité. En outre, une plus grande diversité au sein de la faune et de la flore peut réduire la propagation vers l’homme de nombreux agents pathogènes sauvages. Plus en anglais…

2.1.4 La sécurité énergétique : le bois de chauffage fournit plus de la moitié de l’énergie utilisée dans les pays en développement. Les pénuries de bois de chauffage surviennent dans les régions à forte densité de population qui n’ont pas accès à des sources d’énergie alternatives. Dans ces régions, les populations sont vulnérables à la maladie et à la malnutrition en raison du manque de moyens pour chauffer les foyers, cuisiner et faire bouillir l’eau. Plus en anglais…

2.1.5 L’eau propre : le perte ininterrompue de forêts et la destruction de bassins versants réduisent la qualité et la disponibilité de l’eau à usage domestique et agricole. Dans le cas de la ville de New York, protéger l’écosystème afin d’assurer un approvisionnement continu en eau potable propre aurait été beaucoup plus rentable que de construire et de gérer une station d’épuration. Plus en anglais…

2.1.6 Les relations sociales : De nombreuses cultures accordent une valeur spirituelle, esthétique, récréative et religieuse aux écosystèmes ou à leurs composantes. La disparition de ces composantes ou les dommages qui leur sont causés peuvent nuire aux relations sociales, à la fois en réduisant la valeur de la cohésion sociale qui réside dans le partage d’une expérience commune, et en générant du ressentiment envers des groupes qui tirent profit de ces dommages. Plus en anglais…

Encadré 2.1. Conséquences sociales de la dégradation de la biodiversité [en]

2.1.7 La liberté de choix : la perte de biodiversité, qui est parfois irréversible, se traduit souvent par des choix plus limités. Le simple fait d’avoir le choix entre différentes options, indépendamment du fait que l’une d’elle sera effectivement choisie ou pas, est un volet fondamental de la dimension de « liberté » du bien-être. Plus en anglais…

2.1.8 Les matières premières : la biodiversité fournit divers biens – des plantes ou des animaux, par exemple – dont les individus ont besoin pour obtenir un revenu et s’assurer des moyens de subsistance durables. En plus de l’agriculture, la biodiversité contribue à une série d’autres secteurs dont l’« écotourisme » et les secteurs pharmaceutique, cosmétique et de la pêche. Les pertes de biodiversité, comme l’effondrement des populations de morues de Terre-Neuve, peut engendrer des coûts conséquents aux niveaux local et national. Plus en anglais…

2.2 Quels objectifs concurrents peuvent influer sur la biodiversité ?

Lorsque la société poursuit de multiples objectifs, dont bon nombre dépendent de la biodiversité, des services fournis par les écosystèmes et des nombreuses dimensions du bien-être, des décisions difficiles impliquant les contreparties négatives de certains choix entre objectifs concurrents doivent être prises. Quand l’homme modifie un écosystème en vue d’améliorer l’un des services qu’il fournit, cela se manifeste généralement par des changements au sein d’autres services fournis par l’écosystème. Par exemple, des mesures prises pour augmenter la production d’aliments peuvent entraîner une diminution des ressources en eau disponibles pour d’autres usages ainsi qu’une dégradation de la qualité de l’eau.

Sur le long terme, la valeur des services perdus peut largement surpasser les bénéfices économiques à court terme obtenus grâce à la transformation des écosystèmes.

Au Sri Lanka, par exemple, le déboisement de la forêt tropicale à des fins agricoles a initialement réduit l’habitat des moustiques vecteurs de malaria qui vivent dans les forêts. Mais par la suite, d’autres espèces de moustique ont investi l’habitat modifié, contribuant ainsi à la résurgence de la malaria.

Parmi les services fournis par les écosystèmes examinés dans cette évaluation, seuls quatre ont été améliorés par des changements induits par l’homme.

Les services améliorés comprennent les récoltes, le bétail, l’aquaculture et, dans une certaine mesure, la séquestration du carbone.

Les services dégradés comprennent la pêche, l’approvisionnement en eau, la capacité des écosystèmes à traiter les déchets, la purification de l’eau, la protection contre les catastrophes naturelles, la régulation de la qualité de l’air, la régulation du climat aux niveaux régional et local, la régulation de l’érosion, et de nombreux services culturels.

Lorsqu’il s’agit de faire des choix entre des objectifs concurrents, une analyse des contreparties négatives peut aider les décideurs politiques à prendre des décisions efficaces.

Tableau 2.2. Tendances en matière d'utilisation humaine des services fournis par les écosystèmes [en]

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2.3 Quelle est la valeur de la biodiversité pour le bien-être humain ?

Contrairement aux biens achetés et vendus sur les marchés, Il n’existe pas de marchés ni de prix aisément observables pour bon nombre de services fournis par les écosystèmes. Cela signifie que l’importance de la biodiversité et des processus naturels dans la production de services fournis par les écosystèmes dont les personnes dépendent n’est pas reflétée par les marchés financiers.

La dégradation des services fournis par les écosystèmes pourrait être fortement ralentie, voire inversée, si la valeur économique totale de ces services était prise en compte dans les processus de prise de décision.

Une façon de leur assigner une valeur monétaire est de se fier à des méthodes d’évaluation non-marchandes. Ces méthodes ont été appliquées à l’eau potable, aux services récrétaifs ou aux espèces exploitées commercialement.

La valeur non-marchande peut être soit la valeur que revêt pour la société l’usage effectif du bien, soit une valeur de « non usage » qui reflète la valeur d’un bien au delà de toute utilisation pouvant en être faite, comme la valeur intrinsèque de l’existence des espèces. Mesurer cette dernière pose un grand défi à ceux qui tentent d’estimer la valeur totale de la conservation de la biodiversité et des processus naturels.

La valeur d’utilisation privée par les individus de la biodiversité et des services fournis par les écosystèmes ne tiendra systématiquement pas compte des bénéfices « extérieurs » de la conservation pour la société dans son ensemble. Par exemple, un agriculteur peut tirer profit de l’usage intensif de la terre, mais il n’assumera généralement pas toutes les conséquences des infiltrations de nutriments ou de pesticides excédentaires dans le sol ou les eaux de surface, ou celles de la perte d’habitat pour les espèces indigènes.

Encadré 2.2. Coûts et profits de la transformation des écosystèmes [en]

L’exploitation intensive des écosystèmes génère souvent le plus grand profit à court terme, mais une exploitation excessive et non durable peut se solder par des pertes sur le long terme. Un pays pourrait abattre ses forêts et épuiser ses réserves de poisson, cela ne se traduirait que par un accroissement de son PIB, en raison des revenus générés par la vente de ces produits, et ce malgré la perte de capital naturel.

De plus, de nombreux services fournis par les écosystèmes, tels que les eaux souterraines, sont disponibles gratuitement pour ceux qui les utilisent. Et donc, une fois de plus, leur dégradation n’est pas reflétée par les méthodes d’évaluation économique classiques. Plus en anglais…

2.4 Comment les conséquences de la perte de biodiversité sont-elles distribuées?

Le bien-être de nombreux individus et groupes sociaux peut augmenter lorsque la biodiversité est exploitée, modifiée ou même supprimée. Toutefois, les changements dans les écosystèmes portent atteinte à de nombreuses personnes parmi les plus pauvres au monde. Moins à même de s’adapter à ces changements, celles-ci sont frappées par une pauvreté accrue dans la mesure où elles n’ont qu’un accès limité à des substituts ou des alternatives. Par exemple, les agriculteurs pauvres ont rarement les moyens d’utiliser des technologies modernes pour remplacer ces services que la biodiversité leur procurait auparavant. De plus, la substitution de certains services peut avoir des effets négatifs sur la santé humaine et l’environnement. C’est le cas, par exemple, de l’utilisation de pesticides toxiques et persistants pour contrôler certains insectes nuisibles.

De nombreuses communautés dépendent d’une série de produits biologiques pour leur bien-être matériel. Au cours de l’histoire, les personnes pauvres ont démesurément perdu l’accès aux produits biologiques et aux services fournis par les écosystèmes, au fur et à mesure que la demande pour ces services s’est accrue. Le transfert de propriété des ressources des écosystèmes exclut souvent les communautés locales, et les produits de leur exploitation ne sont pas destinés au marché local.

Les changements dans la structure des sociétés ayant une incidence sur l’accès aux ressources naturelles peuvent avoir des conséquences sur les services fournis par les écosystèmes. Cela peut aussi permettre d’expliquer pourquoi certaines populations vivant dans des régions riches en ressources environnementales se classent malgré tout à un bas niveau sur les échelles de bien-être humain. L’augmentation du commerce international a amélioré le bien-être de nombreuses personnes, mais d’autres en ont pâti, comme ceux qui étaient dépendants des ressources naturelles exploitées pour l’exportation. Quand différents groupes sociaux sont en concurrence pour les mêmes ressources, des conflits peuvent survenir. Bien que bon nombre de ces conflits aient été gérés de façon coopérative, il est également courant qu’un groupe soit bénéficiaire au dépend de l’autre. Plus en anglais…

Encadré 2.3. Concepts et mesures de la pauvreté [en]

Encadré 2.4. Conflicts entre le secteur minier et les communautés locales au Chili [en]


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