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Biodiversité Perspectives mondiales

5. La santé des écosystèmes affecte-t-elle les ressources qu’ils fournissent ?

  • 5.1 En quoi la pêche affecte-t-elle les espèces marines ?
  • 5.2 Comment les activités humaines entraînent-elles la fragmentation des forêts et des eaux intérieures ?
  • 5.3 En quoi la qualité de l’eau douce se détériore-t-elle?

Le deuxième domaine d’activité prioritaire du cadre de 2010 concerne la conservation de l’intégrité des écosystèmes et leur capacité à assurer le bien-être de l’humanité, grâce aux biens et services qu’ils garantissent. Plus en anglais…

5.1 En quoi la pêche affecte-t-elle les espèces marines ?

Les océans recouvrent plus de 70% de la planète. Les prises de poissons constituent la première source d’aliments en provenance des océans. Les prises les plus recherchées sont les poissons prédateurs de grande taille, tels que le thon et le cabillaud. La pêche intensive a provoqué le déclin de ces espèces. Dans l’Atlantique nord, par exemple, les populations de grands poissons ont diminué des deux tiers au cours des 50 dernières années. En conséquence, on assiste à une augmentation relative des populations de petits poissons et d’invertébrés situés plus bas dans la chaîne alimentaire. Cette augmentation a provoqué le recul de la position moyenne des poissons pêchés dans la chaîne alimentaire (niveau trophique moyen), et ce depuis les années 1970. Les poissons les plus appréciés par l’homme pour la consommation deviennent de plus en plus rares, forçant l’homme à changer ses habitudes de pêche et de consommation pour se tourner vers des poissons plus petits et des invertébrés, et entraînant finalement une réduction de l’offre totale de poissons sauvages destinés à la consommation. En dépit d’efforts croissants visant à améliorer les techniques de pêche, les prises de poissons de mer ont baissé au cours des années 90.

L’indice trophique marin, qui permet de mesurer les variations du niveau trophique moyen, peut être calculé à partir des données existantes sur les prises de poisson : c’est donc un indicateur très fiable de la santé d’un écosystème et de l’utilisation durable de ses ressources biologiques. Si des mesures étaient prises pour mieux gérer les pêches, la baisse de l’indice trophique marin pourrait être enrayée, comme en Alaska, où une gestion saine de la plupart des stocks de poissons a permis une stabilisation de l’indice. Plus en anglais…

5.2 Comment les activités humaines entraînent-elles la fragmentation des forêts et des eaux intérieures ?

Dans de nombreux écosystèmes terrestres et d’eaux intérieures, les activités humaines ont provoqué la fragmentation des habitats. Les zones d’habitat réduites qui en résultent ne peuvent subvenir qu’aux besoins de populations d’espèces plus petites, qui deviennent par conséquent plus susceptibles de s’éteindre au niveau local. Les forêts et les systèmes fluviaux constituent deux systèmes dont le niveau de fragmentation, élevé dans les deux cas, est relativement facile à évaluer.

Dans les systèmes fluviaux, par exemple, les réservoirs influent de manière non négligeable sur le flux de l’eau, sur sa qualité et sur sa biodiversité, en particulier pour les espèces migratrices. Parmi les effets négatifs des barrages sur les écosystèmes figurent la destruction d’écosystèmes terrestres par inondation, les émissions de gaz à effet de serre, ainsi que de profonds changements au niveau des espèces aquatique. Une étude des effets imputables aux barrages a été menée au niveau mondial et s’est penchée sur 60% des rivières de la planète pour en évaluer les éventuelles fragmentation et modification du ruissellement. Selon cette étude, plus de la moitié des grands systèmes fluviaux analysés sont affectés par la présence de barrages et plus d’un tiers par la fragmentation des rivières et la régularisation de leur débit. Seul 12 % des systèmes fluviaux étudiés ne sont pas touchés. Plus en anglais…

5.3 En quoi la qualité de l’eau douce se détériore-t-elle?

La pollution, la sédimentation croissante, le changement climatique, les prélèvements d’eau douce destinés à l’agriculture, à l’industrie et à la consommation humaine, et les modifications physiques des écosystèmes provoquées, par exemple, par le détournement et la canalisation des cours d’eau sont autant de facteurs d’altération de la qualité de l’eau. Par exemple, la pollution des cours d’eau intérieurs par l’azote, provoquée principalement par l’utilisation d’engrais, a plus que doublé depuis 1960, et décuplé dans de nombreuses zones industrielles de la planète.

Alors que, depuis les années 80, la qualité des eaux de rivière s’est améliorée en Europe, en Amérique du Nord, en Amérique latine et dans les Caraïbes, elle s’est dégradée au cours de la même période en Afrique, en Asie, et dans la région du Pacifique.

Les contrôles de qualité des eaux permettent de mettre en lumière les menaces pesant directement sur la durabilité des eaux intérieures ainsi que les effets néfastes des activités non durables en dehors de cet écosystème. La salubrité et l’intégrité des eaux intérieures constituent d’excellents indicateurs de santé des écosystèmes terrestres. L’amélioration de la qualité des eaux dans toutes les régions semble être un moyen concret, quoique ambitieux, d’atteindre l’objectif 2010 pour la biodiversité. Plus en anglais…


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